Un lycée debout face à des tombes dévastées

Les militants de la LICRA Bas-Rhin ont répondu à l’invitation du Proviseur et de l’équipe pédagogique du lycée Georges Imbert de Sarre-Union dont sont issus trois des élèves mis en examen pour la profanation du cimetière juif de la ville. Une rencontre avec les 500 lycéens de l’établissement pour journée intense, cinq heures d’échanges de paroles. Une suite à la manifestation spontanée des lycéens, mardi soir après la venue du Président de la République.

Venue 48H00 après les dégradations et à l’écoute des lycéens, la LICRA a pu mesurer la stupeur et l’incompréhension suscitée par la dévastation du cimetière juif de la ville.

En introduction de la rencontre, le Proviseur rappelle que désormais plus rien ne sera comme avant et qu’il faut réinventer les conditions du vivre ensemble. Il incite à la vigilance « à côté de cet acte exceptionnel, ne pas perdre de vue les petits gestes, les petites phrases qu’on entend, qu’on accepte, auxquelles on finit par s’habituer, le racisme et l’antisémitisme ordinaire ».

La lecture et le vécu de l’événement sont encore très difficiles à exprimer par les lycéens. A l’incompréhension douloureuse des élèves proches des auteurs s’ajoute un sentiment d’insécurité : « on se disait que ça n’arriverait jamais chez nous » et l’impossibilité de dissocier l’acte de son retentissement national et de ses conséquences médiatiques.

Si certains n’ont rien vu venir et craignent de ne pouvoir anticiper d’autres actes dans le futur, un lycéen exprime une lecture claire de la nature antisémite de ces profanations : « quand on voit la rage et l’acharnement – contre le cimetière- ce n’est pas du désœuvrement, de la bêtise, il y a une idéologie derrière ».

Le rabbin Heymann, adjoint du Grand Rabbin de Strasbourg, est aussi venu rencontrer les élèves et leur transmettre un message : choisir la vie contre le discours mortifère et anxiogène et mieux connaître le judaïsme, la vie et de jeunes juifs de leur âge, pour s’éloigner des préjugés, présupposés et images virtuelles.

Les lycéens ont pu l’interroger sur les réactions de la communauté juive et lui faire part de leur crainte qu’il puisse y avoir un amalgame entre l’acte de certains et l’ensemble des lycéens.

Les militants de la LICRA ont pu mettre en évidence la banalité du discours de haine chez certains lycéens et la difficulté à y répondre, que ce soit dans l’expression de racisme ou d’antisémitisme de la part de camarades ou au sein de leur famille.

La LICRA a proposé aux lycéens et à leurs enseignants de les accompagner dans la durée dans leurs réflexions et leurs actions futures.

Une cellule d’écoute pour les lycéens a été mise en place par le Rectorat à l’issue de ces rencontres.

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